Exodes - Exo Mattresses

Du 9 mars au 31 octobre 2018
Mardi-vendredi 13h-17h
Samedi-dimanche 10h-17h
Entrée libre

Née à Genève d’une mère suissesse et d’un père grec, Vanna Karamaounas questionne la migration, l’exode et l’enracinement.

À partir de son histoire familiale, sa famille a fui l’Asie Mineure lors de l’Incendie de Smyrne en 1922 et, des enjeux socio-politiques contemporains, elle raconte les souffrances, la survie et aussi cette capacité à bâtir au-delà du territoire qui définit l’identité.

Dans la série « Exo Mattresses », le matelas est le témoin de l’activité humaine et de ses déplacements. Il est ici territoire personnel chargé d’émotions. Il devient sa propre frontière.

 

La force oubliée

Chacun en grimpant dans son arbre généalogique trouvera trace d’exode.

L’exode, c’est une histoire personnelle ou collective qui fait partie des plaies mal cicatrisées et parfois oubliées de notre mémoire.

Chaque famille a un ancêtre qui a vécu une forme d’exode, traversé la mer, marché sur les routes, silencieux, accompagné de quelques objets utiles, d’étoffes et de couvertures roulés sous le bras, de matelas accroché à un cheval ou une vache ou sur le toit d’un véhicule.

Drames ethniques, famines et épidémies, luttes entre États, guerres de religions, crises économiques, la liste est longue. Pourtant, l’Homme se reconstruit avec cette volonté farouche de vivre.

Ces étoffes, ces matelas, photographiés ici ou là, sans aucune mise en scène, m’ont émue par l’intense présence de cette force humaine pourtant absente des images. Des traces de fatigue mais de repos, de peur mais de courage, de cauchemars mais de rêves, de haine mais d’amour.

Cette force oubliée …

Cette force propre à l’Homme à construire ou à se reconstruire me fascine depuis toujours. C’est la racine, le fondement de mon travail.

Vanna Karamaounas aka Iseult Labote